Le squirting fascine autant qu'il intrigue. Entre les représentations souvent exagérées qu'on en voit dans certains contenus pour adultes et le manque d'informations fiables, il est facile de se sentir perdu(e) sur le sujet. Cet article fait le point sur ce que dit la science, déconstruit quelques idées reçues et propose des pistes concrètes pour celles et ceux qui souhaitent explorer cette sensation, seul ou à deux.
Qu'est-ce que le squirting exactement ?
Le squirting désigne l'expulsion, parfois involontaire, d'un liquide clair et généralement inodore par l'urètre, le plus souvent lors d'une stimulation intense du point G. Ce liquide contient une petite quantité d'urée, mais aussi du glucose et parfois des traces d'antigène spécifique de la prostate (PSA), sécrétées par les glandes de Skene situées de part et d'autre de l'urètre.
On confond souvent squirting et « éjaculation féminine », mais il s'agit de deux phénomènes distincts : l'éjaculation féminine produit un liquide plus épais et laiteux, généralement au moment de l'orgasme, alors que le squirting peut survenir indépendamment de l'orgasme et avec une texture plus fluide.
Pourquoi certaines personnes squirtent et d'autres non ?
La capacité à squirter varie énormément d'une personne à l'autre, et même d'un moment à l'autre pour une même personne. Les études sur le sujet portent généralement sur de petits échantillons, ce qui rend difficile toute généralisation. Ce qu'on peut retenir :
- Le squirting n'est ni un signe de performance sexuelle, ni un objectif à atteindre absolument.
- Certaines personnes squirtent facilement, d'autres jamais, sans que cela reflète leur niveau de plaisir.
- Le volume de liquide expulsé n'a aucun lien avec l'intensité du plaisir ressenti.
Se mettre la pression, seule ou en couple, a plutôt tendance à bloquer le processus : la détente et la confiance jouent un rôle central.
Comment essayer, en solo ?
1. Créer un cadre propice
Accordez-vous du temps, sans objectif de performance. Une ambiance tamisée, une playlist qui vous plaît, et l'absence de contrainte de temps aident à relâcher les tensions. La sensation de squirting ressemble parfois à une envie d'uriner : passer aux toilettes avant, et disposer une serviette ou une alèse, permet d'évacuer cette inquiétude et de mieux se détendre.
2. Monter en excitation
Prendre le temps d'explorer tout le corps avant de se concentrer sur la vulve favorise l'excitation générale, ce qui facilite ensuite le repérage du point G. Une bonne lubrification est essentielle : privilégiez un lubrifiant à base d'eau, compatible avec la majorité des sextoys, en renouvelant l'application régulièrement.
3. Stimuler le point G
Allongée sur le dos, éventuellement avec un coussin sous le bassin, insérez un ou deux doigts lubrifiés et recourbez-les vers le nombril, en exerçant une pression ferme sur la paroi antérieure du vagin, à quelques centimètres de l'entrée. Cette zone, légèrement rugueuse au toucher, devient plus perceptible à mesure que l'excitation monte.
Les sextoys avec une extrémité incurvée ou bulbeuse sont particulièrement adaptés à cette stimulation, car ils offrent une meilleure surface de contact. Certaines personnes préfèrent combiner stimulation du point G et stimulation clitoridienne simultanée, via un vibromasseur double ou un wand.
4. Ne pas lutter contre la sensation
Au moment où la sensation évoque une envie d'uriner, c'est souvent le signal que le squirting approche. Plutôt que de s'arrêter, il s'agit de respirer profondément et de relâcher le périnée, comme si on le poussait légèrement vers l'extérieur. Un périnée tonique facilite ce lâcher-prise : des exercices réguliers, notamment avec des boules de geisha, peuvent y contribuer.
Si rien ne se produit lors des premiers essais, ce n'est pas un échec : c'est une occasion d'apprendre à mieux connaître son corps.
Essayer à deux
La communication est la clé. Avant de commencer, parlez ensemble de ce que vous cherchez à explorer, sans pression de résultat. Pendant les préliminaires, une stimulation clitoridienne (à la bouche, aux doigts ou au sextoy) aide à préparer le terrain avant une stimulation du point G plus ferme.
Certaines positions favorisent l'accès au point G : la levrette, la position missionnaire avec les jambes surélevées, ou l'andromaque (partenaire receveuse au-dessus, dos tourné) qui permet un accès facile à la fois au point G et au clitoris.
Après un squirt, pensez à demander à votre partenaire si elle souhaite continuer : squirter ne signifie pas systématiquement avoir atteint l'orgasme.
Et si vous n'y arrivez pas ?
Ne pas squirter n'a rien d'anormal ni d'inquiétant. Les représentations très spectaculaires qu'on en voit parfois dans certains contenus pour adultes ne reflètent pas la réalité de la majorité des vécus. L'absence de squirting ne dit rien de votre sexualité, de votre plaisir ou de vos compétences amoureuses et il n'y a aucune raison de culpabiliser une partenaire qui n'y arrive pas.
L'essentiel reste l'exploration et le plaisir ressenti, quelle que soit la forme qu'il prend.
Questions fréquentes
Le squirting, est-ce vraiment de l'urine ?
Le liquide contient une petite quantité d'urée, mais ce n'est pas assimilable à de l'urine : il se distingue par sa composition (glucose, parfois PSA) et provient d'une réaction physiologique différente.
Squirting et éjaculation féminine, est-ce la même chose ?
Non. L'éjaculation féminine produit un liquide plus épais, généralement associé à l'orgasme, tandis que le squirting est plus fluide et peut survenir indépendamment de l'orgasme.
Est-ce que tout le monde peut squirter ?
Non. Les estimations varient fortement selon les études, mais une part significative des personnes ayant un vagin ne squirtent jamais, sans que cela soit anormal.

